♥♥♥♥Le charme opère. Encore et toujours. Comme à chaque fois qu’Alexis Michalik nous raconte une histoire me direz-vous. Après les succès phénomènes du Porteur d’Histoire, du Cercle des Illusionnistes, d’Edmond (tous les trois toujours à l’affiche), l’auteur-metteur en scène revient au Théâtre 13 (celui-là même qui avait lancé « Porteur d’histoire » en septembre 2012) pour présenter sa nouvelle création « Intra Muros », un huis-clos contemporain dans l’univers carcéral. Avec Michalik, rien de très compliqué au fond. Installez-vous confortablement dans votre fauteuil, attendez sagement que les lumières s’éteignent, ouvrez grand les yeux et les oreilles et laissez-vous embarquer dans un récit qui vous captivera d’un bout à l’autre.
Cinq comédiens et un musicien investissent un plateau quasi nu : mur sombre en fond de scène, trois chaises et un tapis rectangulaire scotché au sol. Richard, professeur de théâtre, accompagné de son ex-épouse et d’une assistante sociale, vient donner son premier cours en maison centrale. Il espère une bonne affluence mais seuls deux détenus se présentent : Kevin, jeune rebelle et marginal (remarquable Fayçal Safi) et Ange, la cinquantaine, plutôt taiseux et énigmatique. Ce cours de théâtre conduira les protagonistes à se livrer, à remonter le fil de leurs vies jusqu’à un final aussi inattendu que formidablement émouvant.
Encore une fois, la « mécanique » Michalik fonctionne à plein: mise en scène épurée, fluide, rythmée où chaque geste est réfléchi, chaque déplacement utile; des comédiens-caméléons capables de passer d’un personnage à l’autre le temps d’un changement de costume, des histoires à tiroirs qui se croisent et s’entrecroisent à travers les époques et les espaces. Le puzzle se dessine comme l’araignée tisse sa toile et inexorablement, on est happé. Je prends le pari d’une salle comble tous les soirs. ♦
Signé Elisabeth
Théâtre du Chêne Noir – Avignon
Crédit photos : Alejandro Guerrero






Il m’a fallu quelques minutes en sortant de la pièce pour reprendre mes esprits comme si j’avais reçu un KO. Car finalement Les Chatouilles, c’est peut-être cela : une pièce coup de poing qui vous happe de la première à la dernière seconde, qui balaye tout sur son passage, qui ne lâche rien et qui vous reste gravée dans un coin de mémoire. Et pour longtemps. Sur scène, rien qu’une fille en jean-basket et une chaise. Et une histoire : celle d’Odette, une petite fille de 8 ans, victime d’abus sexuels – ces « chatouilles », comme lui expliquait Gilbert, son agresseur, un ami de la famille –, jusqu’à l’âge de 12 ans. Et Odette, comme toutes les petites filles, va grandir, des rêves de danseuse plein la tête, avec cette indicible souffrance et dans l’indifférence d’une mère incapable de l’entendre et de la protéger. Elle deviendra danseuse professionnelle au fil d’un parcours chaotique, souvent violent, parfois désespéré, une lente descente aux enfers qui la fera flirter avec de mauvaises rencontres et plonger un temps dans l’alcool et la drogue. Mais la danse, « cette danse pour dire l’indicible », lui permettra de surmonter ses démons et de se reconstruire.






